Cyclistes et chauffeurs de bus échangent leur place pour des routes plus sûres

Cyclistes et chauffeurs de bus échangent leur place pour des routes plus sûres

Des moniteurs vélo des associations Pro Velo, GRACQ et Fietsersbond et des chauffeurs de bus de la société bruxelloise de transport public STIB ont changé de rôle durant toute une après-midi. Les moniteurs vélo se sont mis dans la peau d’un chauffeur de bus, tandis que les formateurs de bus enfourchaient une bicyclette. Il s’agit de la première étape d’une collaboration dont l’objectif est d’améliorer la compréhension mutuelle entre cyclistes et chauffeurs de la STIB. Un pas en avant vers une meilleure sécurité routière. La vidéo de cette rencontre est disponible sur les réseaux sociaux.

La STIB a dénombré 38 accidents entre un cycliste et un bus ou un tram en 2021, contre 46 en 2020 et 47 en 2019. Une diminution encourageante, alors que le nombre de cyclistes a fortement augmenté dans la capitale, de même que l’offre de transport public.

Mieux se connaître pour mieux cohabiter sur la route

L’initiative, qui réunit associations de cyclistes et la STIB, n’a pas seulement pour objectif d’encore réduire le nombre d’accidents de la circulation. Elle vise aussi à améliorer les relations entre les chauffeurs et conducteurs des transports publics et les cyclistes, car l’incompréhension conduit ​ parfois à des tensions.

Une dizaine de formateurs de bus de la STIB et des associations cyclistes se sont rencontrés au dépôt de la STIB, à Haren. La rencontre a débuté par un échange ludique, sous la forme d’un quiz, sur les règles de sécurité routière moins connues et les trucs et les astuces utiles à une meilleure compréhension des réalités de chacun.

La théorie à l’épreuve de la pratique

Pour concrétiser cet échange, tous les formateurs ont enfourché un vélo pour faire un tour dans le quartier autour du dépôt. L’itinéraire comportait des passages à proximité de lignes de bus et de tram. L’expérience s’est poursuivie sur la plaine d’écolage des chauffeurs de la STIB. Cette fois, ce sont les formateurs cyclistes qui se sont mis au volant d’un bus et ont réalisé un parcours entre des cônes d’apprentissage.

Le fil rouge de cette initiative est le respect du Code de la route, la courtoisie et une attitude positive. Les erreurs humaines ne peuvent jamais être exclues, mais si chacun se montre attentif et courtois, le risque d’accidents graves diminue.

Grâce à cette rencontre et la possibilité d’expérimenter, sur le terrain, les dangers, problèmes et défis auxquels sont confrontés cyclistes et chauffeurs de bus, les instructeurs de la STIB comme des associations cyclistes pourront intégrer leur expérience personnelle dans leurs formations respectives.

À l’issue de la journée, les deux catégories d’usagers de la route partagent cette conclusion : une cohabitation sereine dans l’espace public passe par la connaissance et le respect du Code de la route, la courtoisie et une attitude positive.

Une collaboration appelée à se développer

Cette première collaboration constructive ouvre la porte à de nouvelles perspectives. Un prochain échange sera organisé lors d’une rencontre, cette fois entre formateurs cyclistes et moniteurs tram.

À terme, la STIB et les associations cyclistes souhaitent également travailler autour de thèmes spécifiques, tels que l’angle mort, les voies de tram ou la visibilité réduite durant l’hiver. Le but est de donner des trucs et astuces concrets aux deux parties. Ces initiatives ont pour objectif d’œuvrer pour plus de sécurité routière et de convivialité dans le trafic.

"Pour le GRACQ, c’est un premier pas qui doit aboutir à un dialogue pérenne entre cyclistes et transports publics. Il faudra reproduire ce type d’échange avec des formateurs bus peu familiers au vélo, mais aussi initier ce type d’échange avec les formateurs de conducteurs de tram. Il faudra également élargir le dialogue aux sociétés TEC et De Lijn, qui circulent également en région bruxelloise. Par ailleurs, il faudra définir comment mieux toucher le public cycliste dans son ensemble, car la proportion de cyclistes passant par les formations du GRACQ ou de Pro Velo reste limitée en regard de la croissance des utilisateurs du vélo à Bruxelles. Il faudra enfin trouver un moyen de toucher les utilisateurs de trottinette qui ne constituent pas le public du GRACQ et pour lesquels il n’existe aucune formation spécifique."

Florine Cuignet, chargée de politique bruxelloise au GRACQ
"L'un des principaux freins à la pratique du vélo pour les nouveaux cyclistes est le sentiment d’insécurité [1] dans la circulation. La formation, théorique et pratique, s'avère un outil efficace pour diminuer cette perception d'insécurité. Selon notre étude "Way too Much" [2], à l'issue de la formation suivie d'une période de pratique, la peur et le stress diminuent environ de moitié pour les cyclistes débutants. Cet échange avec la STIB nous permet d'encore mieux adapter le contenu de nos formations et de travailler à de futures campagnes de sensibilisations auprès des cyclistes."

Christophe Winkels, directeur Pro Velo Bruxelles

​[1] source : Etre femme et cycliste dans les rue de Bruxelles - Pro Velo 2019
[2] source : étude « Way too Much » – Pro Velo et Mobiel21 – 2021
“Des transports publics de qualité et de bonnes infrastructures cyclables sont essentiels à la qualité de vie en ville. Nous voyons en la STIB une alliée et une partenaire. Continuons à collaborer et échanger toujours davantage dans le futur."

Thomas Deweer, Fietsersbond
"L’objectif de cette première rencontre était de rapprocher les points de vue, de mieux comprendre les réalités quotidiennes de chacun et de promouvoir les bons comportements, gestes et attitudes à adopter, tant pour les cyclistes que pour les chauffeurs de bus, en faisant appel à l’expertise des formateurs vélo et bus."

Mathieu Nicaise, strategy STIB
Florine Cuignet Chargée de politique bruxelloise, Gracq
Christophe Winkel Directeur, Pro Velo
Thomas Deweer Chargé de politique bruxelloise, Fietsersbond

 

 

A propos de La STIB

La Société des Transports Intercommunaux de Bruxelles (STIB) est la première compagnie belge de transports publics urbains. Elle dessert les 19 communes de la Région de Bruxelles-Capitale ainsi que 11 communes de la périphérie. Elle couvre ainsi une superficie de 241,5 km². Cette société assure les déplacements d’une population de plus de 1,2 millions d'habitants, auxquels viennent s’ajouter des milliers de navetteurs. Le réseau de la STIB compte 4 lignes de métro, 17 lignes de tram, 55 lignes de bus et 11 lignes de bus de nuit. 

La STIB
76, rue Royale
1000 Bruxelles